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Offensive contre l’éducation complète à la sexualité

Le Planning familial français a rendu public un rapport sur l’offensive contre l’éducation complète à la sexualité en Europe. Il confirme des études précédentes et évoque les réponses à promouvoir dans l’Union européenne.

Ce rapport est intitulé « L’offensive contre l’éducation à la sexualité – Cartographie des acteurs et analyse des stratégies du mouvement d’opposition en Europe ». Il a été rédigé par le Planning familial français, membre du réseau IPPF (Fédération Internationale des Planning Familiaux), en coopération avec la fondation Heinrich-Böll-Stiftung. Cette étude rend compte des stratégies d’organisation, de discours et d’action du mouvement d’opposition à l’éducation complète à la sexualité (ECS) dans six pays européens (Allemagne, Espagne, France, Hongrie, Italie et Suède). Il s’agit d’une étude transnationale, comparative et appliquée. Elle décrit le cadre législatif de l’ECS dans ces pays et évalue sa mise en œuvre effective.

Qu’est-ce que l’éducation complète à la sexualité (ECS) ? L’’ECS se distingue de l’éducation sexuelle dans l’approche et le contenu. Si l’éducation sexuelle est centrée sur la conception biologique de la sexualité (anatomie, reproduction, etc.) et la prévention des risques liés à celle-ci (IST, grossesses non désirées, etc.), l’ECS adopte une vision holistique et pluridisciplinaire de la vie affective, relationnelle et sexuelle. Elle y intègre les ressentis, expériences et notions relatives au bien-être et à l’identité. Le rapport intègre la notion de « genre » comme faisant référence à l’ensemble des “rôles socialement construits, comportements, activités et attributs qu’une société donnée, dans un contexte socioculturel précis, considère comme étant appropriés pour les femmes et les hommes”.

Si l’égalité est inscrite dans le projet européen, l’Union européenne est restée en retrait sur ces sujets. Ces droits sont aujourd’hui sous pression et font l’objet d’attaques dans plusieurs pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis, et restent inaccessibles dans une grande partie du monde

A partir de l’analyse de sources académiques et institutionnelles et complétée par des observations issues d’un travail de terrain, l’étude définit les stratégies discursives et les modes opératoires des acteurs du mouvement anti-ECS en Europe. L’étude conclut en formulant des recommandations destinées aux institutions européennes et aux États membres, afin d’améliorer structurellement et durablement l’application de l’ECS en Europe. Ces recommandations recoupent celles (au nombre de 46) faites en 2023 dans le Livre blanc du Planning familial « Pour une véritable éducation à la sexualité ». 

Ce rapport renvoie également à l’étude du Conseil économique, social et environnemental (CESE) « Droits sexuels et reproductifs en Europe, entre menaces et progrès » rédigée en 2019 par Véronique Séhier, alors co-présidente du Planning familial et membre du CESE en tant que personne qualifiée. Elle souligne que les droits sexuels et reproductifs sont la condition indispensable à l’autonomie des femmes et à leur émancipation, ainsi qu’à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes et entre toutes les personnes, quelles que soient leur identité de genre et leur orientation sexuelle. Si l’égalité est inscrite dans le projet européen, l’Union européenne est restée en retrait sur ces sujets. Ces droits sont aujourd’hui sous pression et font l’objet d’attaques dans plusieurs pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis, et restent inaccessibles dans une grande partie du monde. Cette étude a fait l’objet d’une analyse due à la sociologue Geneviève Cresson dans la revue Nouvelles Questions Féministes.